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Festival off d’Avignon : du 6 au 26 juillet 2025, adaptation du Village de l’Allemand ou le journal des frères Schiller par la compagnie Les Asphodèles du colibri

Le village de l’Allemand ou le journal des frères Schiller

 Dossier Le village de l’Allemand

Représentations du 6 au 26 juillet avec relâche les 9, 16 et 23.

Notes d’intention

  • LUCA FRANCESCHI, Metteur en scène

« Les frères Schiller perdent leurs parents dans des conditions dramatiques : ils se font massacrer dans leur petit village algérien. C’est en enquêtant sur cet assassinat que l’aîné découvre le passé du père Schiller. » Boualem Sansal ne se fait guère d’illusions : « Je sais que le chemin sera long avant que mon roman atteigne ses destinataires. Dans dix ou quinze ans, peut-être produira-t-il ses effets ». Avant d’ajouter, d’un ton grave : « Comme il me faudra beaucoup de temps avant que je sorte de ce roman. Je me demande même d’ailleurs si un jour on peut en sortir…»

Adapter au théâtre le roman Le Village de l’allemand ou le journal des frères Schiller de Boualem Sansal, après Le Quatrième Mur de Sorj Chalandon, est un pari fou mais sérieux et engagé. L’auteur pose un regard sur la société, le monde d’aujourd’hui et de demain. Chaque réflexion ou situation vient remuer nos consciences. Avec des descriptions riches de sensations et d’émotions palpables, des atmosphères fortes, des ambiances et des personnages soignés dans les moindres détails, il nous invite à revivre le voyage des deux frères dans leur recherche d’identité. Il pose également la question de la culpabilité des enfants des criminels de guerre.
Avec eux on parcourt l’espace pour remonter le temps, de Paris en Algérie en passant par la Turquie, Le Caire, l’Allemagne, l’Autriche, la Pologne ; on revit trois épisodes ô combien importants de notre histoire : la Shoah, la guerre civile des années 1990 en Algérie et la situation de vie dans de nombreuses banlieues françaises. À partir de cette écriture incisive et réaliste, adapter ce roman, c’est aussi démontrer ce que le théâtre peut apporter au vivre ensemble, c’est donner vie à ces personnages, des ambiances autour de thèmes extrêmement forts, leur donner une existence, une force du quotidien. Pour pouvoir transposer cela au théâtre, nous avons choisi d’alterner le récit entre l’interprétation des personnages et des situations présentées et une mise en lecture de certains passages, sciemment choisis, de chacun des journaux des deux frères Schiller, Rachel et Malrich. Deux acteurs sont les interprètes des frères Schiller, ils sont les porteurs de leurs réflexions, de leurs émotions, de leurs questionnements ; quand quatre autres comédiens ont la charge de représenter tout ce qu’ils affrontent durant leur périple. Grâce à une sobriété de jeu absolue, une simplicité dans les décors et les costumes, une utilisation méthodique de l’espace de jeu, disséqué par une approche sensible de sa mise en lumière, les spectateurs sont invités à un voyage émotionnel intense qui, dans le plus grand respect du roman de Boualem Sansal, laisse la place à l’introspection et à l’analyse personnelle des thèmes traités par chacun.
Peut-on assumer l’héritage du vécu de son père, la Shoah ? Peut-on comprendre l’esprit qui circule encore dans certains quartiers de banlieues françaises et d‘ailleurs ? Pourquoi la guerre civile en Algérie du début des années 1990 ? Comment mettre en miroir ces thématiques avec le monde actuel, son évolution, quand parallèlement il faut laisser au public ses propres ressentis, ses questionnements, pour mieux comprendre qui nous sommes au milieu de tout cela ? Cette confrontation au réel dans le respect du passé, à l’être humain, dans son aberration, sa capacité à juger ou à essayer de comprendre… Comme un combat contre l’oubli, l’amnésie, le négationnisme pour laisser place à la transmission de la mémoire…

  • THIERRY AUZER, Directeur artistique de la compagnie les Asphodèles du colibri

En 2008, lors d’une soirée littéraire à Lyon animée par Abraham Bengio, j’ai rencontré pour la première fois Boualem Sansal. Cet homme, d’une sérénité et d’une profondeur remarquables, répondait inlassablement aux questions du modérateur et des participants. Fasciné, je lui ai fait part de mon admiration et lui ai proposé de participer à un événement dédié à la langue française et à la francophonie, le « Forum international des caravanes francophones ». Sa réponse m’a marqué : « Je ne suis pas francophone, mais écrivain de langue française. » Il m’a tendu un papier avec ses coordonnées, ajoutant : « Écrivez-moi, je vous répondrai. »
Je l’ai fait, il est venu, et depuis, nos échanges n’ont jamais cessé.

Cela fait maintenant douze ans que nos discussions nourrissent ma réflexion et que sa pensée m’enrichit. Avec lui, j’ai découvert tant de choses et vécu des moments inoubliables. En 2020, pendant le confinement, en relisant Le Village de l’Allemand ou le journal des frères Schiller, je lui ai demandé s’il accepterait que j’en réalise une adaptation théâtrale. Sa réponse m’a touché : « Adapter Le Village de l’Allemand est une idée géniale. Plusieurs petites adaptations ont été faites, notamment par une troupe de l’université de Thessalonique, que j’ai beaucoup aimée, et d’autres en France, moins réussies. J’espère que tu pourras concrétiser ce projet. Je suis prêt à t’aider, et je pense que Gallimard ne s’opposera pas à céder les droits. Ce sera une belle occasion de nous voir plus souvent. »
Cette nouvelle résonne profondément en moi. Cette création s’inscrit dans un moment charnière de notre histoire, marquant les trente ans de ma compagnie et mon entrée dans l’âge des cartes Vermeil. Je souhaite que chaque spectateur puisse se reconnaître dans ce miroir que Boualem Sansal nous tend, un miroir reflétant ces quatre-vingt-dix dernières années, un monde empli de questions restées sans réponse, où la responsabilité collective demeure un enjeu central.
L’écriture de Boualem, par son rythme quasi théâtral et son intensité dialoguée, donne vie à des personnages ancrés dans leur époque. Sa capacité à soutenir leurs propos avec force et justesse en fait une matière idéale pour la scène. Ce projet vise à rappeler que chacun a un rôle à jouer, que l’on ne peut simplement dire « c’est l’autre », mais qu’il faut accepter de porter sa part de responsabilité. C’est un voyage magnifique, lucide mais porteur d’espoir, pour imaginer le monde de demain avec détermination.

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Soirée d’hommage au Festival d’Avignon organisée le 9 juillet 2025

Le culture s’est mobilisée à Avignon pour soutenir Boualem Sansal. Une soirée d’hommage à l’écrivain franco-algérien a été organisée le mercredi 9 juillet 2025 par le festival d’Avignon dans le jardin de la Vierge au sein du lycée Saint-Joseph. « Le Festival d’Avignon souhaite rendre hommage à l’écrivain algérien emprisonné actuellement en faisant entendre la force de son écriture et la diversité de ses registres », écrit le festival. Tiago Rodrigues, président du Festival d’Avignon, se sont impliquées. Pendant une heure, la journaliste et essayiste Laure Adler, l’historien Patrick Boucheron, le président de l’Institut de monde arabe Jack Lang, l’écrivaine franco-iranienne Delphine Minoui, le metteur en scène Gwenaël Morin et Tiago Rodrigues, président du Festival d’Avignon, ont chacun lu un ou plusieurs extraits de livres du romancier. Tiago Rodrigues a déclaré à l’AFP : « Le festival a souhaité par cet hommage partager la puissance littéraire de Boualem Sansal. Ce geste artistique était la meilleure façon de démontrer notre solidarité et traduire notre engagement pour sa libération ».

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Parution le 4 avril 2025 dans la collection « Tracts » (N°66) du « Discours pour le Prix de la paix des libraires et éditeurs allemands » prononcé par Boualem Sansal à Francfort-sur-le-Main le 16 octobre 2011

 « Qui n’est pas libre ne respectera jamais l’autre, ni l’esclave car son malheur lui rappelle sa propre humiliation, ni celui qui est libre car son bonheur est une insulte pour lui. Seul le désir de liberté le sauvera de la haine et du ressentiment. Sans ce désir consciemment porté, nous ne sommes pas des humains, il n’y a rien de vrai en nous. »

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Parution le 23 mars 2025 de l’ouvrage collectif Amorces de Récits. Pour Boualem Sansal

Ouvrage collectif paru le 23 mars 2025. Liliane Schraûwen a collecté, sous l’égide de PEN Belgique francophone, une quarantaine de textes de tous horizons, des témoignages de solidarité et de lutte pour la liberté, réunis sous le titre : Amorces de récits.

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Le prix mondial Cino Del Duca décerné le 18 juin 2025 à Boualem Sansal

Le Prix mondial Cino Del Duca 2025 a été remis à Antoine Gallimard pour Boualem Sansal le 18 juin 2025.

Le jury, présidé par Amin Maalouf, secrétaire perpétuel de l’Académie française, a souhaité rendre hommage à « la force d’un écrivain qui, par-delà les frontières et les censures, continue de faire entendre une parole libre, profondément humaniste et résolument nécessaire ». Le Prix mondial Cino Del Duca, créé en 1969, est l’une des plus importantes récompenses littéraires internationales après le Prix Nobel. 

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Parution le 27 mars de l’ouvrage collectif Pour Boualem Sansal

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Boualem Sansal à l’honneur le samedi 29 mars au Festival des Ecrivains du Sud 2025 (Aix-en-Provence)

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35e édition du Printemps du livre de Montaigu (28-30 mars 2025) : Boualem Sansal mis à l’honneur

Pour sa 35e édition, Le Printemps du Livre de Montaigu met à l’honneur Boualem Sansal. L’écrivain franco-algérien est actuellement dans les geôles de l’Algérie pour avoir défendu la liberté d’expression.

Le festival a adressé une invitation symbolique à l’auteur via sa maison d’édition, en signe de solidarité. Malgré son absence physique, Boualem Sansal occupera une place centrale lors de cette édition du salon littéraire de Montaigu.

Un moment privilégié intitulé « Boualem Sansal, absent mais si présent » lui sera consacré pendant le festival. Cette Escale Littéraire accueillera Kamel Bencheikh, écrivain et poète franco-algérien, ami fidèle de Boualem Sansal. Les deux hommes partagent une vision lucide des dérives politiques algériennes et un engagement profond pour la liberté d’expression.

Né en Algérie et installé en France, Kamel Bencheikh est une voix engagée contre la censure et le fanatisme. Son dernier essai, L’islamisme ou la crucifixion de l’Occident – Anatomie d’un renoncement, en témoigne. Il apportera son éclairage sur l’œuvre et le combat de Boualem Sansal. Kamel Bencheikh intervient le samedi 29 mars à 17 h 30 sous le chapiteau de la place de l’Hôtel de Ville.

Tout au long du festival, un espace dédié permettra aux visiteurs de découvrir et d’acheter les ouvrages de Boualem Sansal. Kamel Bencheikh sera également présent les samedi 29 et dimanche 30 mars pour échanger avec le public.

Auteur majeur de la littérature francophone, Boualem Sansal s’est illustré par ses romans dénonçant la corruption, le fanatisme et les abus du pouvoir algérien. Les autorités algériennes l’arrête en novembre 2024. Il a alors 80 ans et souffre d’un cancer. On l’incarcère à Alger pour « atteinte à l’intégrité du territoire national ». Cela suscite depuis des mois une vague d’indignation internationale. Le 20 mars 2025, le parquet du tribunal algérien requiert une peine de 10 ans de prison ferme. Le verdict est attendu pour le 27 mars.

En mettant en avant son œuvre et son combat, le Printemps du Livre de Montaigu réaffirme son engagement pour la liberté d’expression et la force des mots.

« L’œuvre de Boualem Sansal, d’une richesse et d’une profondeur rares, ses mots emprunts de courage et de lucidité, tout nous rappelle avec force la nécessité de défendre des valeurs de liberté qui nous sont chères, » souligne Antoine Chéreau, président de Terres de Montaigu, communauté d’agglomération organisatrice du Printemps du Livre.

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Salon du livre de Genève : table ronde consacrée à Boualem Sansal le vendredi 21 mars

Cette table ronde a été animée par la journaliste Catherine Morand, dont nous reproduisons ci-dessous l’argumentaire.

Les auteurs originaires du continent africain font un tabac et remportent des prix littéraires parmi les plus prestigieux. Le prix Goncourt 2024 a ainsi été remis au franco-algérien Kamel Daoud pour Houris, trois ans après La plus secrète mémoire des hommes du Sénégalais Mohamed Mbougar Sarr. Tandis que le Renaudot 2024 a été attribué au Rwandais Gaël Faye pour Jacaranda, pour ne citer qu’eux. «La langue française enjaillée par les littératures africaines?», c’est en tout cas une question qui sera posée au Salon du livre de Genève lors d’une table-ronde proposée par l’association Défense du français dans le cadre de la Semaine de la francophonie et de la langue française. Outre Christine Le Quellec qui enseigne la littérature d’Afrique francophone à l’université de Lausanne, Ibrahima Aya, auteur et éditeur malien, et directeur de la Rentrée littéraire du Mali, sera présent à cette occasion, incarnant la vitalité de la littérature et de l’édition sur le continent africain, où les salons du livre se multiplient, chaque pays mettant un point d’honneur à organiser le sien.

C’est qu’aujourd’hui, deux francophones sur trois vivent sur le continent africain, ce qui permet à la langue française de figurer parmi les cinq langues les plus parlées dans le monde, par plus de 300 millions de personnes. Reste que la plupart de ces pays sont en fait plurilingues, le français étant la langue de communication entre des locuteurs qui ont des premières langues différentes, parfois plusieurs dizaines dans le même pays, comme c’est le cas au Cameroun ou en Côte d’Ivoire. La langue française de par sa coexistence avec de nombreuses langues nationales se voit donc irriguée, enrichie, réinventée par des mots et des expressions qui ont acquis leurs lettres de noblesse en francophonie. Dans plusieurs pays sahéliens en revanche, tels le Mali, le Burkina Faso ou le Niger, la rupture avec l’ex-puissance coloniale rejaillit sur la langue française, reléguée au rang de langue de travail, avec une tendance nette à la valorisation des langues nationales. Le célèbre auteur sénégalais Boubacar Boris Diop, qui écrivait jusqu’alors en français, a même annoncé qu’il «ne rédigerait désormais plus qu’en wolof, principale langue nationale du Sénégal», tout en appelant ses collègues écrivains à en faire autant. Sur fond de tensions politiques, l’Algérie, où l’arabe est la langue officielle, a, en 2022, introduit l’anglais dès l’enseignement primaire, pour contrebalancer le français.

Reste que c’est un écrivain d’origine algérienne, Boualem Sansal, qui, l’année dernière, peu avant d’être arrêté et jeté en prison par les autorités algériennes, publiait le plus vibrant hommage à la langue de Molière paru ces derniers temps. Dans son livre Le français, parlons-en! (Editions du Cerf), il se montre certes très critique à l’égard du pouvoir algérien qui «au nom d’une politique de réislamisation expresse» a «banni le français qui assurait le lien avec le monde libre et l’univers de la philosophie». Mais aussi, il alerte les Français et la France sur la dégradation de leur propre langue, dans leur propre pays. «Si demain, vous et vos enfants, vous vous retrouvez à bredouiller du globish à deux pennys étoilés ou du wesh à deux dinars troués, n’allez pas le reprocher à ceux qui n’ont eu de cesse de vous alerter», lance-t-il dans le langage fleuri qu’on lui connaît. Du coup, on se prend à rêver : et si les «trumperies» à répétition donnaient l’envie aux francophones de boycotter le globish triomphant et ce franglais à deux balles qui pollue notre belle langue française? Cela serait une belle manière de répondre positivement aux mises en garde de Boualem Sansal, mais aussi aux initiatives visant à boycotter des produits américains, lancées il y a quelques jours.

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Grand rassemblement du mardi 25 mars 2025, Paris

Ce grand rassemblement organisé par le Comité de soutien international a attiré des centaines de gens, parmi lesquels de nombreuses personnalités politiques de tous bords. Etaient présents aussi l’écrivain et essayiste Kamel Bencheikh ainsi que le caricaturiste Ghilas Aïnouche (apparaissant tous deux sur les photographies reproduites ici).